Hijama : ce que dit vraiment la Sunna, textes à l'appui
Ce que les textes authentiques disent de la hijama, et ce qu'on leur fait dire à tort. Sources précises, narrations contestées signalées.
La hijama est l'une des pratiques les mieux attestées de la médecine prophétique. Elle est aussi l'une de celles autour desquelles circulent le plus d'affirmations sans source. Cet article s'en tient aux textes, en citant chaque référence, et en signalant honnêtement ce qui fait l'objet de divergences entre savants.
Les textes rapportés par Boukhari et Mouslim
Deux narrations font l'unanimité par leur présence dans les deux recueils les plus rigoureux.
La première, rapportée par Ibn 'Abbas, qu'Allah l'agrée : « La guérison est dans trois choses : une gorgée de miel, une incision de hijama, et une cautérisation par le feu. Et j'interdis à ma communauté la cautérisation. » (Sahih al-Boukhari, Livre de la médecine, n° 5680).
La seconde, rapportée par Anas ibn Malik, qu'Allah l'agrée : « Le meilleur de ce par quoi vous vous soignez est la hijama et le costus marin. » (Sahih al-Boukhari n° 5696 et Sahih Mouslim n° 1577).
Ces deux textes établissent deux choses, et deux seulement : la hijama fait partie des moyens de se soigner mentionnés par le Prophète ﷺ, et elle est citée parmi les meilleurs d'entre eux. Ils ne fixent ni fréquence, ni jour, ni zone du corps.
Le Prophète ﷺ a lui-même pratiqué la hijama
Plusieurs narrations authentiques rapportent qu'il ﷺ s'est fait pratiquer la hijama, et qu'il a rémunéré celui qui la lui avait faite. Ibn 'Abbas rapporte : « Le Prophète ﷺ se fit pratiquer la hijama et donna son salaire à celui qui l'avait pratiquée » (Sahih al-Boukhari n° 5691). Ce détail a son importance : il établit que l'acte est un métier, qui se rémunère, et non une simple pratique domestique.
Il est également rapporté qu'il ﷺ se fit pratiquer la hijama alors qu'il était en état de sacralisation (ihram) et alors qu'il jeûnait (Sahih al-Boukhari n° 5694 et 5695).
Ce que les textes ne disent pas
Beaucoup de contenus circulant en ligne attribuent à la hijama des indications précises, des jours obligatoires ou des guérisons garanties. Il faut distinguer trois niveaux.
Ce qui est authentique : les narrations citées plus haut, présentes dans Boukhari et Mouslim.
Ce qui est rapporté mais discuté : plusieurs narrations mentionnent des jours précis du mois lunaire ou des jours de la semaine. Elles figurent notamment chez Abou Dawoud, at-Tirmidhi et Ibn Majah. Les savants divergent sur leur degré d'authenticité, certains les retenant, d'autres les affaiblissant. Un article honnête ne tranche pas à leur place : nous y consacrons un article dédié, à paraître, qui expose la divergence sans la masquer.
Ce qui n'a aucune base : les affirmations du type « la hijama guérit telle maladie » relèvent de la promesse thérapeutique et n'appartiennent ni aux textes ni à la médecine. Aucun praticien sérieux ne les formulera.
La guérison appartient à Allah
Le cadre est posé par le Coran lui-même, dans les paroles d'Ibrahim rapportées en sourate Ach-Chou'ara : « et lorsque je suis malade, c'est Lui qui me guérit » (26:80). Les moyens de se soigner sont des causes permises, non des causes agissantes par elles-mêmes. C'est la croyance des gens de la Sunna, et elle change la manière d'aborder une séance : on prend le moyen, on n'attend pas de lui ce qui n'appartient qu'à Allah.
Le cadre légal, en France
Il faut le dire clairement parce que peu de sites le font. La hijama sèche, par ventouses sans incision, s'inscrit dans un cadre de bien-être. La hijama humide implique une effraction de la peau : c'est un acte invasif, encadré par la loi, et réservé aux professionnels de santé habilités. Cette réalité juridique est indépendante de la question religieuse et s'impose à tous.
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Cet article a une vocation informative. Il ne remplace pas l'avis d'un médecin. En France, la hijama humide implique une effraction cutanée et relève d'un acte réservé aux professionnels de santé habilités. Pour toute question religieuse, référez-vous aux gens de science.
Avertissement
Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé avant de débuter la Hijama, notamment si vous présentez des pathologies ou suivez un traitement.