5 erreurs à éviter avant ta hijama : guide fiable
Avant une hijama, certaines erreurs augmentent les risques : cadre légal, santé, préparation, hygiène et attentes. Guide fiable selon la Sunnah.
Avant ta hijama : pourquoi parler des erreurs ?
La hijama, appelée aussi al-ḥijâma, fait partie des moyens de soin mentionnés dans la Sunnah authentique. Elle ne doit cependant pas être abordée avec légèreté, ni transformée en pratique commerciale, magique ou improvisée. Une hijama mal préparée peut exposer à des risques évitables : malaise, saignement excessif, infection, retard de diagnostic ou confusion entre conseil religieux et acte médical.
En France, il faut rappeler un point essentiel : la hijama humide, avec scarifications et extraction de sang, est un acte médical réservé. La pratique hors cadre médical peut relever de l’exercice illégal de la médecine, notamment au regard de l’article L.4161-1 du Code de la santé publique. Cet article n’encourage donc pas à pratiquer ou recevoir une hijama humide hors du cadre légal. Il informe, rappelle les textes authentiques et invite à la prudence.
Dans la médecine prophétique, la cause matérielle n’est jamais séparée de la confiance en Allah. Le croyant prend les moyens licites, consulte les personnes compétentes et sait que la guérison vient d’Allah seul.
Abû Hurayra رضي الله عنه rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Allah n’a pas fait descendre une maladie sans faire descendre pour elle un remède. » Rapporté par al-Bukhârî, n°5678, ṣaḥîḥ.
Voici donc 5 erreurs fréquentes avant ta hijama, avec une distinction claire entre ce qui est prouvé par les textes, ce qui relève des savants, et ce qui concerne la prudence médicale contemporaine.
Erreur n°1 : oublier le cadre légal et médical en France
La première erreur consiste à considérer la hijama humide comme un simple soin de bien-être. Or, dès qu’il y a incision de la peau et sortie de sang, on entre dans un acte invasif. En France, la hijama humide est considérée comme un acte médical réservé. Elle ne doit pas être pratiquée par une personne non autorisée à réaliser ce type d’acte.
Cette précision n’est pas un détail administratif. Elle protège le patient contre les complications : infection, mauvaise gestion d’un malaise, non-respect de l’asepsie, absence de dossier médical ou méconnaissance des contre-indications. La règle islamique générale rejoint ici la prudence : on ne recherche pas un bien en causant un tort prévisible.
‘Ubâda ibn aṣ-Ṣâmit رضي الله عنه rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Il ne faut ni se nuire ni nuire à autrui. » Rapporté par Ibn Mâjah, n°2340, et Aḥmad ; ḥasan par plusieurs savants du hadith, dont al-Albânî.
Le Coran établit également un principe de préservation de soi :
Allah dit : « Et ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction. » Coran, al-Baqara 2:195.
À retenir : avant toute hijama humide, vérifie le cadre légal, le statut de la personne qui intervient, les conditions d’hygiène et l’existence d’une vraie évaluation médicale. Pour une pathologie grave, une douleur inexpliquée, une fatigue intense, une anémie suspectée ou un traitement lourd, consulte d’abord un médecin.
Erreur n°2 : cacher ses antécédents, traitements ou symptômes
La deuxième erreur avant une hijama est de ne pas dire la vérité sur son état de santé. Certaines personnes minimisent leurs traitements, cachent une grossesse possible, un diabète, une maladie du sang, une anémie, des malaises, des anticoagulants ou des antiagrégants. C’est dangereux.
La hijama humide implique une sortie de sang. La question n’est donc pas seulement religieuse : elle est aussi médicale. Les informations suivantes doivent être déclarées à un professionnel de santé :
- traitements anticoagulants ou fluidifiants du sang ;
- antécédents de malaise, hypotension, épilepsie ou troubles cardiaques ;
- diabète, immunodépression, infection en cours ou fièvre ;
- grossesse, post-partum récent ou allaitement avec fatigue importante ;
- anémie connue, règles abondantes ou saignements inexpliqués ;
- chirurgie récente, plaie, maladie de peau ou allergie aux antiseptiques.
Dans la Sunnah, la hijama est bien mentionnée comme un moyen de soin, mais elle n’a jamais été présentée comme une permission de négliger les causes, la compétence et la sécurité.
Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « La guérison se trouve dans trois choses : une incision de ventouse, une gorgée de miel, ou une cautérisation par le feu ; mais j’interdis à ma communauté la cautérisation. » Rapporté par al-Bukhârî, n°5681, ṣaḥîḥ.
Ce hadith prouve le mérite de la hijama comme moyen thérapeutique. Il ne signifie pas qu’elle convient à tout le monde, à tout moment, ni qu’elle remplace un diagnostic. Les savants comme Ibn al-Qayyim رحمه الله, dans son approche de la médecine prophétique, ont souvent rappelé que les remèdes dépendent de la personne, du moment, de la maladie et de la quantité. Cela entre dans la compréhension saine des causes.
Erreur n°3 : venir à jeun extrême, déshydraté ou épuisé
Beaucoup pensent qu’il faut arriver totalement à jeun, affamé et très fatigué pour que la hijama soit plus efficace. Cette idée est risquée lorsqu’elle mène à la déshydratation, au malaise ou à une chute de tension. La préparation doit être raisonnable et adaptée à la personne.
Sur le plan contemporain, avant une intervention avec sortie de sang, il est généralement prudent d’éviter :
- la déshydratation ;
- la nuit blanche ;
- l’effort sportif intense juste avant ;
- le repas très lourd immédiatement avant ;
- la prise d’alcool, illicite en islam et nocive ;
- l’automédication pour « fluidifier » ou « épaissir » le sang.
Concernant le jeûne, les savants ont divergé sur l’effet de la hijama sur le jeûne, en raison des textes rapportés et de leur conciliation. Il n’est pas nécessaire d’entrer ici dans le détail juridique. Pour une personne fragile, programmer une hijama humide en plein jeûne, sans avis médical, peut augmenter le risque de malaise. En cas de Ramadan ou de jeûne surérogatoire, demande conseil à une personne de science fiable pour l’aspect religieux et à un médecin pour l’aspect santé.
La Sunnah enseigne l’équilibre : prendre les causes sans excès et sans superstition. Le croyant ne met pas son corps en danger sous prétexte de rechercher un soin.
Allah dit : « Et ne vous tuez pas vous-mêmes. Certes Allah est Miséricordieux envers vous. » Coran, an-Nisâ’ 4:29.
Conseil pratique : dors correctement, hydrate-toi de manière normale, évite les repas excessifs et signale toute fatigue inhabituelle. Si tu es malade, fébrile ou très faible, reporte et consulte.
Erreur n°4 : transformer la hijama en rituel mystique
La hijama est un moyen de soin mentionné dans la Sunnah. Elle ne doit pas être mélangée avec des croyances inventées : énergies, chakras, purification invisible du sang, promesses absolues, lecture de l’avenir dans la couleur du sang, ou affirmations du type « cette séance enlève toute sorcellerie ». Tout cela n’appartient pas aux preuves authentiques du Coran et de la Sunnah.
Le musulman peut faire des invocations, réciter le Coran, demander la guérison à Allah et placer sa confiance en Lui. Mais il ne doit pas attribuer à la hijama des effets spirituels non prouvés. La roqya légiférée existe avec ses règles : récitation du Coran, invocations authentiques, absence de polythéisme, absence de formules inconnues. La hijama, elle, reste un moyen thérapeutique matériel.
Le Prophète ﷺ a recommandé des traitements et a lui-même eu recours à la hijama. Cela montre la permission et le mérite de ce moyen lorsqu’il est adapté.
Anas ibn Mâlik رضي الله عنه rapporte que le Prophète ﷺ s’est fait pratiquer la hijama par Abû Ṭayba et lui a donné sa rémunération. Rapporté par al-Bukhârî, n°2102, et Muslim, n°1577, ṣaḥîḥ.
Ce hadith montre aussi que la pratique était connue, concrète et rémunérée. Mais il ne permet pas d’inventer des croyances autour des ventouses. Les Salaf étaient les plus attachés à la Sunnah et les plus éloignés des innovations. Ils acceptaient les causes licites tout en rejetant les superstitions.
À éviter absolument : les promesses de guérison garantie, les diagnostics spirituels improvisés, les talismans, les mélanges avec pratiques ésotériques, et les discours qui remplacent le médecin par des affirmations sans preuve.
Erreur n°5 : choisir uniquement selon le prix, la date lunaire ou les avis en ligne
La cinquième erreur est de choisir une séance de hijama seulement parce que le prix est bas, que la personne est populaire sur les réseaux sociaux, ou qu’une date lunaire est annoncée comme « obligatoire ». Le choix doit d’abord se faire sur la compétence, la légalité, l’hygiène et la capacité à orienter vers un médecin.
Il existe des hadiths sur certaines dates du mois lunaire, notamment le 17, le 19 et le 21. Certains savants du hadith les ont jugés acceptables, d’autres ont discuté certaines chaînes. On peut les prendre en considération sans en faire une condition absolue ni un argument pour ignorer l’état de santé.
Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما rapporte que le Prophète ﷺ a recommandé la hijama aux 17e, 19e et 21e jours. Rapporté par at-Tirmidhî, n°2053 ; jugé ḥasan par des savants du hadith, et authentifié par al-Albânî selon ses recherches.
La règle pratique est simple : une date méritoire ne rend pas licite ce qui est illégal, et ne rend pas sûr ce qui est médicalement déconseillé. Si une personne est anémiée, infectée, sous anticoagulants ou très affaiblie, le calendrier lunaire ne suffit pas.
Avant de prendre rendez-vous, pose des questions claires :
- La hijama proposée est-elle sèche ou humide ?
- Si elle est humide, quel est le cadre légal et médical ?
- Le matériel est-il stérile, à usage unique si nécessaire, et éliminé correctement ?
- Un questionnaire de santé est-il réalisé ?
- La personne sait-elle refuser ou reporter en cas de risque ?
- Y a-t-il une orientation vers un médecin en cas de symptôme inquiétant ?
Un bon intervenant ne promet pas tout, ne force pas, ne culpabilise pas, et ne présente pas la hijama comme un substitut aux soins médicaux. Il respecte les limites de sa compétence.
Ce qui est prouvé, ce qui est conseillé, ce qui est médical
1. Textes authentiques
Il est authentiquement rapporté que le Prophète ﷺ a eu recours à la hijama et qu’il l’a mentionnée parmi les moyens bénéfiques. Cela établit sa légitimité générale dans la médecine prophétique, avec les conditions de sécurité et de licéité.
Jâbir ibn ‘Abdillah رضي الله عنهما rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « S’il y a un bien dans vos remèdes, il se trouve dans une incision de ventouse, une gorgée de miel ou une cautérisation par le feu ; mais je n’aime pas être cautérisé. » Rapporté par al-Bukhârî, n°5683, et Muslim, n°2205, ṣaḥîḥ.
2. Compréhension des savants
Les savants de la Sunnah expliquent que les remèdes prophétiques sont vrais, mais que leur application demande science, contexte et discernement. Ibn al-Qayyim رحمه الله a souligné que les traitements peuvent varier selon les tempéraments, les lieux, les saisons et les maladies. Cette approche évite deux excès : nier la Sunnah ou l’appliquer sans compétence.
3. Prudence médicale contemporaine
La médecine contemporaine rappelle que tout acte avec saignement nécessite évaluation, hygiène, gestion des risques et consentement éclairé. La hijama humide ne remplace pas une consultation médicale, un bilan biologique, un traitement prescrit ou une prise en charge urgente.
FAQ : erreurs avant une hijama
Faut-il arrêter ses médicaments avant une hijama ?
Non, jamais sans avis médical. Arrêter un anticoagulant, un traitement cardiaque, un antidiabétique ou un traitement psychiatrique peut être dangereux. Informe le médecin ou le professionnel de santé et suis ses consignes.
La hijama humide est-elle autorisée à tous en France ?
Non. En France, la hijama humide avec scarifications et sortie de sang est un acte médical réservé. Hors cadre légal, elle peut relever de l’exercice illégal de la médecine selon l’article L.4161-1 du Code de la santé publique.
La hijama remplace-t-elle un traitement médical ?
Non. Même si la hijama est mentionnée dans la Sunnah authentique, elle ne remplace pas un diagnostic ni un traitement prescrit, surtout en cas de cancer, maladie cardiaque, infection, diabète, trouble neurologique ou douleur inexpliquée.
Les dates lunaires sont-elles obligatoires ?
Des textes existent sur certains jours comme le 17, le 19 et le 21 du mois lunaire, avec discussion entre savants du hadith. Elles peuvent être prises en compte, mais ne passent jamais avant la sécurité, la santé et le cadre légal.
Que faire la veille d’une hijama ?
Dors suffisamment, hydrate-toi normalement, évite l’effort intense, ne cache aucun antécédent et vérifie le cadre légal. Si tu es malade, très fatigué ou sous traitement à risque, consulte d’abord un médecin.
Avertissement
Les informations de cet article sont fournies à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé avant de débuter la Hijama, notamment si vous présentez des pathologies ou suivez un traitement.